Samedi 30 août 2008


 
 

Ibn Oumar Mahamat Saleh est condamné à mort depuis 1996. Il le savait et il me l’a dit. En homme de conviction et loyal vis-à-vis de lui-même et de ceux qui ont cru en lui, il attendait courageusement ce moment fatidique que seul le Président Deby, ayant le droit de vie et de mort sur les Tchadiens peut choisir. En effet, quelques semaines avant la campagne présidentielle de 1996, Ibn assistait à un meeting de l ’ opposition contre toutes attentes. En effet le PLD, parti politique qu’il dirigeait était considéré en ce moment comme un parti de la mouvance présidentielle. Prenant la parole à cette occasion, Ibn Oumar a prononcé un discours digne d’un intellectuel intègre, engagé au verbe facile et incisif, tout en étant éloquent et convaincant. Un chef de parti politique présent en ce moment me demanda si je comprenais quelque chose dans cette attitude nouvelle du dirigeant du PLD ? Je lui ai répondu que s’il est vrai que le PLD est un enchevêtrement compliqué aux contours difficiles à saisir, Ibn Oumar quant à lui est un vrai révolutionnaire qui sait ce qu’il veut dans cette forêt de transfuges, de taupes et des indécis qui finiront par imploser. Mais une semaine plus tard après ce meeting important, alors que j’écoutais la Radio Tchad, et à ma grande surprise, Ibn Oumar fit une déclaration inattendue.

 

Il disait en substance ceci « pour des raisons objectives et subjectives, le PLD apporte son soutien à la candidature de Idriss Deby à l’élection présidentielle ». Cette déclaration fut pour moi comme un coup de massue me laissant pantois, je ne pouvais dès lors rester indifférent à cette nouvelle donne politique et je me précipite au domicile d’Ibn Oumar et dès que je pénètre dans le salon il m’apostropha en premier et me dit « je sais ce qui t’amène. Tu m’as certainement suivi sur la Radio Tchad n’est-ce pas ?" Je voulais des éclaircissements sur ta déclaration. Car si je pouvais deviner les raisons objectives auxquelles tu fais allusions, je voulais néanmoins savoir ce que tu entends par « les raisons subjectives » ! C’est alors qu’il m’explique que cette interview a été réalisée sur le perron de la présidence de la république. Il m’explique alors comment il a été convoqué par Idriss qui le reçut furieux, hors de lui et complètement délirant. Cette audience avec Deby s’est passée dans un climat de tension extrême.

 

Ibn Oumar m’informe que Deby l’aborde sans lui dire bonjour en des termes virulents et lui dit « écoute Ibn je n’accepterai jamais qu’un ressortissant de la région de Biltine soit candidat contre moi. Tu t’abstiens de te porter candidat sinon tu es un homme mort. Je te tuerais. Tu ne dois faire part à personne de cet entretien. Je te demande de faire immédiatement une déclaration soutenant ma candidature avant que tu ne rentres chez toi » et il ajouta « au PLD, tu es le seul qui refuse de coopérer avec moi ! Qu’est-ce que cela veut dire ? » La suite est connue de tous car après cette présidentielle Ibn se porte à la prochaine échéance de 2001, candidat au poste de Président de la République du Tchad. Cette fois ci c’est lui qui vient m ’ annoncer la nouvelle et à vrai dire je m ’ attendais à tout sauf à cette décision de mon ami. Je décide sur le champ de le dissuader de se porter candidat car je lui explique ce qu’il sait déjà car les résultats des élections au Tchad se décident à la présidence à l’aide des ordinateurs et non dans les urnes. Je lui dis que Deby lui attribuera selon sa convenance 1 ou 2% rien que pour le ridiculiser. C’est son jeu favori. Je lui rappelle également les menaces qu’ils lui ont été proférées en1996 et que cela pouvait être toujours d’actualité. Ibn me répondit qu’il était conscient de toutes ces réalités mais qu’il avait décidé de faire avec.

 

Nous avons longuement discuté en évoquant tous les aspects de la question y compris les facteurs exogènes qui entourent la problématique tchadienne du moment, et qui pèsent sur sa décision. Mais j’avais en face de moi un Ibn convaincu de ce qu’il faisait et déterminé à jouer plus pour le Tchad que pour lui-même car il ne pouvait supporter que face à Deby, il n ’ y aurait que des candidats issus du Sud du Tchad et me posa alors la question suivante « accepterais-tu Djarma que l’on devienne des complices objectifs d’un système antinational ? Je lui rappelle néanmoins que parmi ceux qui l ’ encouragent dans cette voie , il a des candidats qui en 1996 ont introduit une requête en annulation du 1er tour des élections présidentielles et qui ont quand même accepté d ’ aller au deuxième tour moyennant une démocratie consensuelle et participative en plus de quelque chose. Ils ont abandonné leurs partenaires et collègues. Ils ont préféré laisser leurs camarades sur le carreau pour leurs propres calculs. Si ceux qui avait décidé de boycotter le deuxième tour avait accepté à l’époque de jouer le jeu et d ’ accompagner Deby au 2ème tour personne ne se serait soucié de ceux qui avait trahi ; mais comme la décision de boycott était une décision collective face aux fraudes massives, la dignité et le respect de la parole donnée imposait une attitude et une conduite plus responsable.

 

Malgré mes explications Ibn est resté inflexible et rien ne pouvait le détourner de son dessein. J’avais alors vu dans cet homme et dans sa détermination l’accomplissement peut être d ’ un destin. Il pouvait avoir raison car c’est un défi et que probablement les séquelles des menaces proférées contre lui par Deby en 1996 avaient laissé des séquelles que le temps n’avait pas effacé et qu’elles continuer de le ronger. La candidature de Ibn accouchée dans la douleur a provoqué un véritable séisme sur l’échiquier politique national et au sein même du PLD qui dès le départ était une formation compliquée, véritable sac de nœud. Cette candidature scella également et de manière définitive la dualité Deby-Ibn Oumar. Ce dernier était désormais pour Deby la personne qui lui faisait absolument de l’ombre.


 

L’accord du 13 août, chef d’œuvre politique et qui est l’illustration des expériences accumulées de sept scrutins, véritable jeu de dupes que le MPS a organisé depuis son arrivée au pouvoir, ne pouvait laisser Deby indifférent devant un adversaire de taille comme Ibn Oumar. A cela s ’ ajoute l’implication de l’Union européenne qui participe à la mise en œuvre de cette « méchante » trouvaille.

 

Pour moins que cela, ce système n’avait pas hésité à éliminer Monsieur « GUETTI » qui s’est porté candidat aux législatives dans le BET et qui ironie de l ’ histoire aurait reçut les mêmes menaces de mort; s‘il s’avisait de se porter candidat car le dictateur ne peut supporter qu’un ressortissant de cette région soit candidat contre le MPS. Les menaces contre Guetti ont été mises en exécution froidement à Faya. Mais une chose est désormais sûre : Ibn Oumar Mahamat Saleh disparu est encore plus dangereux pour le MPS que présent. Les idéaux qui lui sont chers telles l’intégrité, la loyauté, l’honnêteté, la rigueur dans la réflexion intellectuelle et la franchise sont des qualités que le MPS et leur chef développent justement le contraire.



 MAHAMAT DJARMA KHATTIR


Conseiller Politique du Président de l'UFCD


(Chargé de Relations Extérieurs)

Source:
TEMOIGNAGES

Par sahib
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Samedi 24 mai 2008
Jeudi 22 mai 2008
La grande offensive  rebelle de février 2008 sur N'djaména  a donné lieu à un grand cafouillage dans la communication du gouvernement français sur  la crise.

Au début des évènements, il était question d'un conflit inter-tchadien et que la France ne s'y mêlerait. Il était également question de proposition d'exfiltration du dictateur.

Par la suite, nous avons assisté à un revirement spectactulaire, un virage à 180 degrés. En l'espace de quelques heures le discours a radicalement changé. Il a été subitement
invoqué des arguments aussi bidons que la légitimité du président-voyou, son élection démocratique, la stabilité de la région, etc.

Néanmoins ce dont nous pouvons être sûr c'est que l'échec de février était beaucoup plus du aux dissenssion internes qu'au soutien réel et actif de l'armée française. En effet, rappelez-vous bien  que le président du RFC en son temps avait demandé un partage du pouvoir alors que le bunker Débyque était à portée de fusil. Etait-ce une gaffe monumentale ou un sabotage délibéré du style "si ce n'est pas moi c'est mieux que l'oncle reste en place?"

Ceci dit, ill semble que les choses soient en train de bouger comme nous l'annoncent par bribes certains de nos confrères blogueurs.

Dans la configuration de la future conflagration, on peut retenir les éléments suivants :
- Le Dictateur a perdu deux atouts majeurs que sont le MJE et le RFC qui n'était en fin de compte qu'un élément perturbateur
- L'alliance nationale s'est certainement renforcé en hommes, matériel et surtout en moral

La seule inconnue qui demeure s'est l'attitude du duo Epervier/Eufor. Yaura t-il neutralité ou tentative de sauvetage du dictateur une fois de plus.

Espérons seulement que l'on assiste plus à une poignée de main Déby/Morin come celle de février.





Bref ça risque de chauffer dans les jours qui suivent. Donc Wait and See....








Par sahib - Publié dans : ACTUALITE
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Samedi 24 mai 2008
 

Après quelques baroudes d'honneur, notre ami Bouyebri ne donne plus signe de vie. Son blog avec lequel il compte toiletter son oncle Idriss Deby Itno reste mystérieusement inaccessible. A première réflexion, on pourrait croire que le fonctionnaire Soudanais de la présidence serait emporté par l'aisance du pouvoir et n'ose pointer son nez dehors où le thermomètre affiche 50 °c.

Mais connaissant la nuisance du monstre qu'il côtoie, nous nous sommes naturellement inquiétés pour notre brebis, pardon, Bouyebri. Et d'après les informations que nous avons pu obtenir auprès de quelques étudiants du clan, Bouyebri a été chauffé à blanc par les Conseillers de la première dame et Secrétaire particulière du Chef de l'Etat, Mme Hinda Deby Itno.
Notre ami a du s'expliquer sur sa politique de communication et ses intentions réelles en lançant tous azimuts des sites et des blogs qui attaquent en désordre l'opposition démocratique, la rébellion et les Tchadiens de la diaspora.

Le Cabinet de la première Dame voudrait bien savoir comment Bouyebri pourrait concrètement basculer en faveur du régime l'opinion des Tchadiens qui interviennent sur Internet. Car, d'après une minuscule étude statistique, sur 10 sites web et blogs confondus, 8 sont radicalement contre le régime Deby.

Hassane Abdelkerim Bouyebri n'a pas pu convaincre ses collaborateurs de la Présidence qui ne sont pas allés par quatre chemins pour lui signifier que l'image de la première dame ne peut en aucun cas souffrir de ses turpitudes et qu'il a intérêt de rectifier le tir très rapidement.

Suant de grosses gouttes, Bouyebri s'est précipité pour rédiger une lettre d'excuses à Mme Hinda Deby et surtout lui renouveler son allégeance au trône Deby. Comme quoi, le bout du tunnel est bien loin quand on est un rallié et surtout de fraîche date. La confiance ne s'achète pas, ne se proclame pas, elle est méritée.

Pour finir, admirez cette magnifique ressemblance. Ne dit-on pas que "Qui se ressemble s'assemble".

par Ambenatna
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Samedi 24 mai 2008

Depuis l’attaque de N’Djaména en février dernier, la principale composante de l’Alliance Nationale, l’UFDD de général Mahamat Nouri, a subi des graves difficultés.

 

D’abord il y a eu la scission des ses éléments ouaddaiens, dirigés par le vice président de l’UFDD, le colonel Adouma Hassaballah. Il ont crée depuis l’UFCD. 
En suite, il y a eu une série des défections plus ou moins inattendues et/ou un peu spectaculaires, notamment, le départ du Colonel Barkaï Hamid, chef d’état major 1er Adjoint.


Ces soudaines difficultés de l’UFDD ont fait réagir beaucoup des observateurs. Le Blog Ambénatna s’intérrogeait ainsi le 07/04/08 : L'UFDD est-elle entrée dans une zone de turbulence ?  Il rapporte par ailleurs que « Selon plusieurs sources d'informations concordantes, l'ex-CEMGA ainsi que plusieurs hauts responsables militaires de l'UFDD, ont exprimé de manière peu diplomatique leur ras-le-bol par rapport au pilotage à vue du mouvement qui créé selon eux une désorganisation permanente source de tous les problèmes imaginables.Elle vient de procéder à une réorganisation de son état major militaire ».


Après un long mutisme, les dirigeants de l’UFDD ont timidement annoncé hier, la mise en place d’un nouvel état major militaire. Le très controversé Colonel Tahar Wodji, reprend de nouveau la tête des troupes de l’UFDD. Il sera secondé par le Colonel Soumaïne Boloki Kebir et le Commandant Hamdan Togoï, qui sont respectivement Chef d’état major général 1er et 2ème Adjoint.

 


Est-ce une vraie solution face à la désorganisation permanente, qui est la source des multiples couacs auxquels nous a habitué l’état major de l’UFDD ou bien, il s’agit simplement d’un comblement des cases vides après le départ des uns et des autres ? 

L’origine même des problèmes récurrents de l’UFDD est elle au niveau de l’état major militaire ou du management politique ? 

Une nouvelle structure militaire à elle seule, avec notamment le retour du chef d’état major historique de l’UFDD, peut elle arrêter l’hémorragie des défections et renouer avec les sucées sur le terrain après les deux derniers échecs ? 

Par sahib - Publié dans : ACTUALITE
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